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Daddis presidential bid – Letter from Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon to Mrs. Fatou Bensouda (EN-FR)

June 4, 2015

Daddis presidential bid – Letter from Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon to Mrs. Fatou Bensouda.
New York, May 29, 2015
Dear Madam Bensouda,
Following the announcement of the candidacy of Mr. Daddis Camara in the presidential elections of Guinea, a coalition of 29 Human Rights organizations, including the FIDH and OGDH, made a statement to mark their indignation on this inappropriate bid which is a sign of contempt to the judicial process and to victims of the massacres of 28 September 2009.
On many occasions – by online petitions, memoranda and letters – our organization and many victims have called on you to request the transfer of the 2009 crimes against humanity’ investigation to the International Court of Justice. We’ve regularly kept you informed of the actions and statements of the Guinean government’s obvious denial of justice to the victims. On October 25th, 2014, in a speech in the Soussou language given in the Loos Islands, the Guinean President admitted having asked the “white folks” to put an end to the investigations. That same month, the justice minister, accused those who want that judicial proceedings to be expedited of having hidden political motives.
The culture of impunity is not only a legacy of past state violence in Guinea. It has become a method of governance. With the approach of presidential elections, the Guinean president wants to use the 2009 crimes to sow discord among the Guinean communities. The staging of demonstrations in the town of Nzerekore and the appointment in the government of a supposed ally of Mr. Daddis Camara, Mr. Boubacar Barry, are part of his plans. In addition, the authorities spread rumors of rebellion in the region from alleged accomplices of Mr. Daddis. A concerted effort is being made by the government to entertain the fiction of Mr. Daddis Camara political stature behind which Guinean citizens native of the Forest region would identify. The campaign is an insult to the Guineans from the southern region of Guinea who are strongly opposed to human rights violations which they have always been victims of. The governance by impunity introduced by the Guinean president has made ethnicity a screen to hide grave crimes. The goal – for the purposes of electoral maneuvering – is to make all denunciations of the crimes committed by the CNDD, an attack against local residents. These amalgams have served as cover for state crimes in Guinea and are the framework of perpetuating impunity.
Our organization and the associations of the victims believe that all conditions are met for your intervention. Since the charges made on a few officers in 2012, the Guinean judges in charge of the September 2009 crimes case have made no progress. This laxity is unacceptable. One of its consequences is to have enabled the Guinean government to inject in the electoral process an officer charged of crimes against humanity. Faced with this evident obstruction of justice of the Guinean government, it is the duty of the I.C.C to take up the issue of the killings. The Guinean populations and victims put their hope in your institution of last resort to begin the eradication of impunity in our country. This eradication is the only way to counter the confrontations the government of Mr. Conde has prepared with his policy of political division and legal laxity.
We remain available should you need any further information.
Respectfully,
COMMISSION FOR THE CENTRAL POTTAL-FII-BHANTAL FOUTA-DJALLON

 

Candidature présidentielle de Daddis – Lettre de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon à Madame Fatou Bensouda.
New York, le 29 Mai 2015
Chère Madame Bensouda,
Suite à l’annonce de la candidature de Mr. Daddis Camara aux élections présidentielles de la Guinée, une coalition de 29 organisations de défense des droits de l’homme incluant le FIDH et l’OGDH, a fait une déclaration pour marquer leur indignation sur cette candidature inopportune qui est un signe de mépris du processus judiciaire et aux victimes des massacres du 28 septembre 2009.
A maintes occasions – par pétitions en ligne, mémorandums et lettres – notre organisation ainsi que de nombreuses victimes vous ont interpellée pour demander le transfert des enquêtes sur les crimes de 2009 à la cour internationale de justice. Nous vous avons régulièrement tenue informée des actions et des propos de déni évident de justice aux victimes des crimes contre l’humanité de 2009 du gouvernement guinéen. En date du 25 octobre 2014, dans un discours en langue Soussou aux îles de Loos, le président guinéen a avoué avoir demandé aux « blancs » de mette fin aux enquêtes sur les massacres. Ce même mois, le ministre de la justice, accusa ceux qui veulent que les procédures judiciaires soient accélérées d’avoir des arrière-pensées politiques.
La culture de l’impunité ne procède pas seulement du passé de violence d’état en Guinée. Elle est devenue une méthode de gouvernance. À l’approche des élections présidentielles, le chef de l’état guinéen veut faire des crimes de 2009 un moyen de discorde entre les communautés guinéennes. Les montages de manifestations dans la ville de Nzérékoré et la nomination dans le gouvernement d’un supposé allié de Mr. Daddis Camara, Mr. Boubacar Barry, font partie de ses plans. En outre, les autorités répandent des rumeurs de rébellion dans la région par des prétendus affidés de Mr. Daddis. Cette campagne est faite pour entretenir l’illusion d’une stature politique de Mr. Daddis Camara derrière laquelle les guinéens originaire de la région de la Forêt se reconnaitraient. En soi, elle est une insulte aux guinéens de la région du Sud de la Guinée qui restent fermement opposés aux violations de droits de l’homme dont ils ont été toujours victimes. La gouvernance par l’impunité instaurée par le président guinéen a fait de l’appartenance ethnique un paravent pour des crimes imprescriptibles. Le but visé est de faire – à des fins de marchandages électoraux – de toutes dénonciations des crimes commis par le CNDD, une atteinte aux habitants de la région. Ces amalgames sont la couverture aux crimes d’état en Guinée et le cadre de perpétuation de l’impunité.
Notre organisation et les associations des victimes considèrent que toutes les conditions sont remplies pour une intervention de votre part. Depuis les inculpations de quelques officiers en 2012, les juges guinéens en charge du dossier des crimes de Septembre 2009 n’ont fait aucun progrès. Ce laxisme est inacceptable. L’une de ses conséquences est d’avoir permis au gouvernement guinéen d’injecter un accusé de crimes contre l’humanité dans le processus électoral. Face à cette obstruction manifeste de la justice du gouvernement guinéen, il est du devoir de la CPI de se saisir du dossier des massacres. Les populations guinéennes et les victimes placent leur espoir en votre institution de derniers recours pour entamer l’éradication de l’impunité dans notre pays. Cette éradication reste le seul moyen pour contrer les affrontements dont le gouvernement de Mr. Condé a préparé les conditions de par ses politiques de division et de laxisme juridique.
Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et vos prions de croire à nos sentiments distingués

Pour la commission centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon

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